Yohan Nandkissori, technicien en expérimentation de la ferme pilote (Petit-Bourg, 11 septembre 2021)

Yohan Nandkissori, technicien en expérimentation de la ferme pilote (Petit-Bourg, 11 septembre 2021)

Formé à l’agroécologie par un contrat d’alternance à INRAE il y a quelques mois, Yohan Nandkissori revient pour mettre en pratiques ses connaissances et savoir-faire acquis. Il a débuté en août 2021 comme technicien de la ferme-pilote pour succéder à Damien.

L’alternance à INRAE, une formation à l’agroécologie

Pendant un an, Yohan a travaillé en alternance sur la ferme-pilote où il a découvert et mis en pratiques les principes de l’agroécologie.

 Océane : Peux-tu nous parler un peu de ton parcours scolaire et professionnel, s’il-te-plaît ?

Yohan : J’ai d’abord passé un bac technologique STAV (Sciences Techniques de l’Agronomie et du Vivant), que j’ai effectué au lycée agricole de Baie-Mahault. Puis j’ai obtenu un BTS DATR (Développement et Animation des Territoires Ruraux), en alternance à la mairie du Gosier pendant 2 ans. Je bossais dans le service jeunesse animation loisirs. On mettait en place des animations sur le territoire : « Plein Feu sur la Jeunesse » par exemple, qui était une après-midi récréative pour les jeunes du Gosier. J’ai obtenu le BTS avec mention assez bien. Par la suite, j’ai poursuivi avec une licence pro ADRET (Agronomie, Développement Rural et Entreprenariat en milieu Tropical), en alternance à INRAE pendant un an.

Océane : Qu’est-ce-que t’a apporté cette alternance à INRAE ?

Yohan : Ça m’a permis d’acquérir des compétences techniques, des savoir-faire, et une autre vision de l’agriculture car la ferme-pilote est dans une démarche agroécologique.

Océane : C’est quoi pour toi la démarche agroécologique ? Et quels en sont les défis ?

Yohan : C’est une méthode de production qui permet de produire en quantité et en qualité, de nourrir sainement et sans effets négatifs sur l’environnement. L’un des défis de l’agroécologie serait pour moi de garantir la sécurité alimentaire. Une des contraintes de cette démarche est le besoin de main d’œuvre, important, selon moi. Car on n’utilise pas de produits chimiques pour le désherbage par exemple, ça se fait manuellement, et ça demande du temps et de l’énergie. Ça peut aussi avoir un coût supplémentaire car on peut utiliser du matériel comme du mulch papier qui coûte cher, et il y aura toujours un travail manuel à effectuer en plus.

 Association de cultures et push and pull : des techniques réinvesties dans le jardin 

Les missions de Yohan sur la ferme-pilote sont variées, qui trouvent leur prolongation dans le jardin familial où il applique les mêmes techniques agroécologiques que celles de la ferme.

 Océane : Cela ne fait pas longtemps que tu as commencé, mais quelles sont / vont être tes missions sur la ferme-pilote ?

Yohan : Je suis technicien en expérimentation animale et végétale. Je travaille sur la ferme-pilote notamment dans la gestion de l’enherbement, la mise en place et suivi de cultures, l’entretien et la gestion des infrastructures d’élevage et l’expérimentation. Je suis également chargé de la construction d’un protocole d’enquête auprès des exploitants agricoles. L’ensemble me permet de ne pas être figé sur une seule tâche et de diversifier mon travail. Je n’aurais jamais de journées types, ce sera toujours différent et j’aime bien.

Océane : Peux-tu donner des exemples des techniques agroécologiques que tu as découvert sur la ferme ?

Yohan : Par exemple, j’ai mis en place des associations de cultures. J’ai eu l’occasion de travailler dans la plantation de banane plantain avec du piment végétarien de la ferme-pilote. Je n’avais pas vu ça auparavant : ça permet d’intensifier la production mais toujours en étant respectueux de l’environnement. Il y a également la technique du push and pull qui est intéressante. Sur la ferme-pilote, c’est une plantation de tomates associée à de la laitue, avec du maïs tout autour, et du thym aussi.  Le maïs et le thym, ce n’était pas dans un but de production : ils permettent de repousser et de nourrir les nuisibles, sans les tuer. Les nuisibles restent dans les cultures qui ne sont pas destinées à la production et n’attaquent pas les tomates.

Océane : Comment tu réinvestis tous ces apprentissages ?

Yohan : Je réutilise ce que j’ai appris chez moi mais à petite échelle. J’ai mon jardin : j’ai du piment fort, de la groseille, du fruit à pain, de la banane, et bientôt je vais mettre de la tomate et du piment végétarien. J’ai des poules aussi, que je gère dans un système intégré comme j’ai appris à INRAE. Je récupère le fumier pour alimenter les plantes. Bon, c’est un système intégré domestique ; ce n’est pas à une si grande échelle que la ferme-pilote mais je mange tout ce que je produis.

Océane : C’est toi qui cuisines ?

Yohan : C’est la famille qui cuisine !

 Technicien et sportif : jongler avec les horaires, une question d’habitude !

Certain.e.s amateurs de football l’auront peut être reconnu, Yohan est également joueur de l’équipe régionale de l’AS Gosier !

Océane : Comment tu fais pour concilier ton activité professionnelle avec ton engagement sportif ?

Yohan : Ce ne sont pas les mêmes créneaux horaires et puis je l’ai toujours fait. J’allais à l’école, et j’allais au foot le soir. Maintenant je vais au travail, c’est juste mon statut qui a changé : d’étudiant à salarié. Le sport, c’est un mode de vie !

Citation:
Biabiany O., 2021.Yohan Nandkissori, technicien en expérimentation de la ferme pilote (Petit-Bourg, 11 septembre 2021). INRAE URZ. /Actualites/Portrait-de-Yohan-Nandkissori-11-septembre-2021

Date de modification : 08 juin 2023 | Date de création : 14 septembre 2021 | Rédaction : Océane Biabiany